Humour sur ordonnance

15 septembre 2007

CLIN D'OEIL COQUIN

Bad_Girl          En cet après-midi ensoleillé, je vaque à mes occupations administratives (pour changer !) tandis que Sarah accoudée au comptoir de droite me jette un regard bleu azur coquin et entendu, je l'ai capté mais doit céder à ces tâches rébarbatives. J'aimerai tant pouvoir rêvasser moi aussi... soudain la porte s'ouvre et laisse pénétrer une vague de chaleur étouffante aussitôt suivie d'un homme à la quarantaine avancée.

"Monsieur, bonjour...", "Oui, bonjour, je voudrais acheter un produit contre les ronflements que j'ai vu à la télé, vous voyez ce que je veux dire !?". Il va de soi bien sûr que je passe ma vie devant le petit écran; enfin pour une fois le matracage publicitaire, j'en conviens assez triste et lamentable dans le domaine médical, avait laisser une trace un peu floue dans mon esprit. "Ah oui, je vois; je vais vous le chercher". "C'est celui-là ?" lui lançais-je en lui présentant "le" fameux produit.
"Oui, c'est ça mais, vous pouvez me dire comment ça marche".
Tiens, le pharmacien retrouve subitement sa place de conseil, il faut dire qu'à l'heure d'internet où tout le monde pense tout connaître, on fait appel à nos compétences de plus en plus rarement (non, non je tiens à rassurer d'avance tous ceux qui arborent déjà un petit rictus moqueur au coin des lèvres, je ne fais pas partie de la vieille garde aigrie, moi aussi j'explore à la machette cette jungle médiatique !)
Toute contente, je me lance alors dans une dithyrambique tirade sur les modes d'emploi et d'action de ce produit (je vous en épargnerai les détails, seules restent les grandes lignes...): "Il faut le pulvériser au fond du palais afin de lubrifier l'arrière-bouche et le petit appendice qui pend là (autrement dit, la luette !); de cette façon toute cette partie vibrera moins pendant votre nuit".

Le client convaincu par ces arguments prend le produit entre ses mains. A ce moment, je sais que la partie est gagnée, je me sens intouchable dans mes certitudes. L'homme s'éloigne son petit sac à la main, lui aussi certain d'avoir fait le bon achat.

          Mais c'était sans compter sur l'impertinence de Sarah qui observait la scène telle une vigie en haut de son guêt. Je me sens alors déstabilisée par son petit sourire narquois. Elle s'approche de ma position tel un félin qui fond sur sa proie.
Je la regarde l'air interrogateur, elle devance alors ma question: "Tu as entendu ce que tu lui as dit ?". L'espace d'un instant, je reste dubitative et interloquée en me repassant le déroulement de cette scène dans la tête.
C'est alors que je réalise en effet que mes propos pouvaient avoir un double sens, sortis de leur contexte. Désarçonnée et rougissante, je ne peux m'empêcher, en guise de pirouette, de lui répartir: "Il n'y a que quelqu'un aux idées mal placées qui peut interpréter ça !!", et elle de me répondre avec un clin d'oeil: "tu as compris de quoi je parlais !!!".

Quelle réputation.

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30 juillet 2007

VANITAS, VANITATUM...

         ange4                                                                             Samedi 19H15, la dernière ligne droite avant la fin de cette journée, la plus longue de la semaine pour moi. On respire à fond pour décompresser l'espace d'un instant après ce rush ininterrompu de plus de 2H30, à prendre en charge les maux de tout un chacun, du plus petit "bobo" là au bout du doigt aux grandes "Affections Longue Durée". Cinq minutes de relâchement pendant lesquelles Nathalie, Sandrine et moi-même échangeons les quelques anecdotes saugrenues survenues dans l'après-midi, juste le temps de sourire pour évacuer cette pression accumulée.

          Un nouveau client entre, la porte ne s'est pas encore refermée qu'un deuxième lui emboîte le pas. C'est reparti...
Nathalie va au devant du premier et moi du second.
Il me présente une ordonnance, semblant quelque peu désabusé et stressé, lui aussi.
"J'espère que vous en avez !?" me dit-il immédiatement. Je le regarde d'un air moi aussi interrogateur; aussitôt il enchaine: "J'ai fait au moins six pharmacies avant et personne n'en a !".
Sceptique, je me lance à l'assaut de mes tiroirs avec un infime espoir de pouvoir satisfaire ce monsieur. L'ordonnance s'adresse à sa femme et émane d'un gynécologue. Celui-ci a prescrit un produit contre les contractions intenses de la femme enceinte: SALBUMOL®. Ouvrant le tiroir qui théoriquement renferme ce produit, je suis saisie d'une bouffée de déception voyant que nous n'avons même pas ce produit de référencé.
En même temps que le roulement à bille du tiroir l'amène à se refermer, je cogite: "qu'est-ce que je vais faire, essayer d'appeler mes confrères encore ouvert en ce Samedi soir, sans grand espoir qu'ils aient ce fameux produit..." et puis soudain une autre idée: "mais oui, je pourrai en dernier espoir donner de la VENTOLINE® qui lui,est indiqué pour les crises d'asthme, mais qu'importe puisque ces 2 produits renferment la même molécule: le SALBUTAMOL".

-Petit aparté avec vous, chers lecteurs: le SALBUTAMOL est la DCI c'est à dire Dénomination Commune Internationale et il est commercialisé sous deux noms de spécialités: VENTOLINE® et SALBUMOL® avec des notices radicalement différentes (à mon grand désespoir pour le cas qui nous intéresse)-

Je rejoins le comptoir l'air quelque peu désolé mais résolue à arranger le client au mieux de mes possibilités.
"Eh bien, malheureusement je n'ai pas exactement ce produit mais je l'ai sous une autre appellation; si vous voulez je vais appeler le médecin pour lui demander une simple confirmation", sûre de mon fait.
Le client, un peu désorienté entre espoir et déception, me confirme que l'ordonnance est bien pour sa femme et qu'elle a de fortes contractions en ce moment; il m'encourage donc aussi à contacter le médecin pour se rassurer étant lui aussi un peu désarmé par cette situation et moi simplement pour ne pas faire cette "substitution" avant l'heure (nous sommes dans les années 90, j'avais oublié) et dans le dos du gynécologue. Mais c'était sans compter sur le fait que nous étions, comme de bien entendu, un Samedi soir et donc notre prescripteur était injoignable !!
Dépitée après cet espoir vain mais pas battue, je m'en vais chercher le dictionnaire VIDAL, bible du médicament, pour prouver au client ma bonne foi et lui montrer les monographies de ces deux produits. Convaincu, il me dit juste: "Je vais voir ma femme, elle est dans la voiture et je reviens vous le prendre si elle est d'accord". ( Ne soyez pas dupes, ce n'est pas un épisode de COLUMBO !!).

          Pendant ce temps, les autres clients se sont accumulés dans la pharmacie, j'essaie donc de parer au plus pressé en servant deux ou trois personnes avant son retour. Heureusement mes deux collègues sont efficaces.
Le revoilà; " alors?" lui dis-je. Apparemment le doute avait repris le dessus, sa femme hésite et s'est déplacée à son tour pour voir à qui elle a à faire, c'est à dire moi !.
"Mon mari m'a expliqué ce que vous nous proposiez, mais vous êtes sûre que c'est la même chose ?". "Oui, tout à  fait, ils ont simplement dissocié ces deux spécialités pour deux indications différentes".
Ils se regardent tous les deux et la femme se tourne vers moi revigorée par mon assurance: "d'accord, on va vous faire confiance".

          Ma fierté aurait été totale si le Mardi suivant, le mari n'était revenu pour me signaler qu'après avoir joint le fameux gynécologue, celui-ci lui avait dit que sa femme n'aurait jamais dû utiliser ce produit qui était destiné à traiter les crises d'asthmes. Sûre de mon conseil du week-end, je réaffirmais au client la mauvaise foi du médecin; mais quel poids pouvais-je avoir face à un spécialiste en gynécologie, le client mécontent est reparti, mettant en doute mes compétences pharmacologiques.
Je vous avoue ne pas en être restée là, je suis têtue et si sûre de mon fait que j'ai appelé le dit médecin pour lui demander des explications et lui donner mon opinion sur son orgeuil mal placé. Il reconnut, tout surpris que le pharmacien le rappelle et surtout tout penaud, qu'il avait un peu exagéré sur son jugement vu la situation à laquelle j'avais été confrontée.

          Pensons plutôt au désarroi de la patiente enceinte et à son opinion sur notre profession.

N.B.: la spécialité VENTOLINE® sous forme de comprimé a d'ailleurs depuis été supprimée.

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21 juin 2007

FERMETURE ESTIVALE


ANTITABAC
Vidéo envoyée par jcfsw

Comment se débarasser d'un géneur qui fume aprés mangé.

Voilà, je vous abandonne à vos tristes maux pour 3 semaines, ne m'en veuillez pas, j'en ai bien besoin pour faire face au quotidien à ces "drôles de clients"
Je vous laisse ce petit bijou de la pub en guise de dessert pour me faire pardonner (j'entends déjà certains me reprocher de faire encore de l'antitabagisme, mais j'assume la tête haute !)

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14 juin 2007

PERLE DE ..... CULTURE

     En ces temps d'examens et à la veille de mes vacances, je ne résiste pas à l'envie de vous raconter cette charmante petite histoire.

     Le mois dernier, nous étions conviés, comme chaque année, à assister à une conférence organisée par notre grossiste-répartiteur et dont le thème ce soir-là était: "Les Nouveautés Thérapeutiques 2007" ou en d'autres termes, les nouvelles molécules médicamenteuses disponibles en pharmacie cette année.
Nous savions d'avance que cette soirée serait riche en enseignement, elle est d'ailleurs faite pour ça (!), mais aussi captivante malgré l'heure tardive et bien loin de l'atmosphère assommante de nos cours universitaires, et ce grâce au dynamisme de notre intervenant, le Pr J. Buxeraud, auquel je rends hommage ici.

     Après un cocktail dinatoire, nous nous installons dans cet immense amphithéâtre que j'occupais déjà 20 ans auparavant.
De très nombreux pharmaciens et préparateurs ont répondu présents à cette soirée, et pendant que la mise au point des micro et rétroprojecteur s'effectue, on entend les bavardages s'enfler.
La présentation débute alors, par le plan de l'exposé à suivre mais l'assistance, il faut bien le reconnaître, en situation estudiantine retrouve ses mauvaises habitudes d'indiscipline.
Notre interlocuteur, aguerri par sa qualité de professeur et de maître-conférencier, entame malgré ce bruit de fond, la formation.
Le premier produit présenté, il aborde le deuxième: Exjade® qui appartient à la famille des CHELATEURS DU FER.
Sentant alors qu' il ne tient pas réellement l'attention de son auditoire, il se lance dans une petite digression:

"A propos de ce produit, je vais vous raconter ce qui est arrivé lors des partielles du mois de Décembre. J'étais donc en train de faire passer les oraux de chimie thérapeutique à une étudiante, très bcbg et un peu stressée, mais rien de plus normal; tout se passait bien, son sujet n'avait pas de secret pour elle. Elle avait bouclée son épreuve mais comme à mon habitude, avant de la laisser partir, je demande toujours aux étudiants de me dire quelques mots sur un des nouveaux produits de l'année et donc je lui demande ce qu'elle sait de l'Exjade®.".
L'assistance amusée par les mimiques et la description faites de cette étudiante est toute à l'écoute du Pr Buxeraud qui poursuit:
"Elle me fait donc un résumé de la composition, des indications etc...mais pas un mot sur son mode d'action. Alors je lui fais remarquer son oubli et lui demande de préciser. Et c'est donc avec l'assurance d'avoir pratiquement fini avec succès son épreuve qu'elle me dit "Ah oui, eh bien il agit euh par......FELLATION du fer, en se combinant avec lui pour le bloquer. Voilà c'est bon, ça vous va", conclut-elle !!! Vous voulez dire CHELATION, je suppose Mademoiselle ?"."Oui c'est ça... " répond-elle sans se rendre compte de son énormité. En essayant de rester imperturbable, je lui affirme: "Vous avez été parfaite" et elle est partie avec le sentiment du devoir accompli !"

A ce moment je peux vous dire que toute l'assistance était tournée vers notre intervenant, le sourire aux lèvres et enfin disposée à suivre attentivement cette formation. Et voilà ce qu'on pourrait appeler un moyen mémo-technique pour se souvenir du mode d'action de ce produit. MERCI  professeur !

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04 juin 2007

SOULAGEMENT

La publicité pour les médicaments est rarement drôle sans être grotesque ou bien même franchement cucul.
Je tenais donc à vous faire partager ce pur moment de finesse !

                              

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Je ne vais pas vous laisser "mariner" plus longtemps, voici la chute....

Pub_final

                                              

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27 mai 2007

RECETTE ANGLAISE

   Pediculus_capitis"Il n'y a plus de saison pour les poux" vous diront certaines, période scolaire ou pas, toutes occasions de rassemblement de nos chers bambins donnent lieu à la propagation du Pediculus capitis. Hormis ces considérations de temps, on peut même dire qu'il ne se limite même plus aux seules classes du primaire. Donc en dehors des produits classiques proposés entre autres par votre serviteur, c'est à celle qui trouvera la recette la plus efficace pour les éradiquer... et j'ajouterai même la plus délirante !

En cette matinée bien calme, entre une femme élancée au style assez désinvolte plutôt à la "Jane Birkin".
"Bonjour..., je voudrais un traitement de plus pour les poux, mon fils a passé le week-end chez un de ses copains et là il n'arrête pas de se gratter. J'ai regardé et j'en ai trouvé un", me dit-elle lassée avec un petit accent anglo-saxon.
L'air résigné par la perspective de se faire une fois de plus une désinfection générale de la maison c'est à dire literie, canapé et vêtements compris (ouf! pas d'autre enfant dans la famille), elle scrute notre rayon spécialement consacré à la bête.
"Je peux vous proposer les habituels insecticides, pyrethrines en tête (oh pardon !), ou alors vous avez les nouvelles molécules nettement moins décapantes pour le cuir chevelu".
"Je préfèrerai... c'est à base de plantes ?". Son côté "nature" revient donc à la surface et je l'avais bien ciblée comme étant une adepte du tout bio et sans produits chimiques.
"Non, malheureusement, je n'ai pas grand-chose de naturel sauf ce produit à base d'huiles essentielles en shampoing mais c'est un peu moins efficace qu'une lotion".
"Bon, eh bien et ces nouvelles molécules dont vous m'avez parlées, ça marche bien ?", elle semble revenir sur ses convictions.
"C'est un produit pour lequel nous avons eu de très bons retours de la part des autres mamans, et surtout sans effets nocifs au long cours".
"D'accord, et comment on l'utilise ?". Après lui avoir détaillé le mode d'emploi et rappeler les différents traitements à effectuer pour son envirronnement, je conclus ma vente.

C'est alors qu'elle revient à ses penchants: " Mais il n'existe rien de vraiment 100% naturel ?" .
"Si, nous avons bien une formule à préparer composée de diverses huiles essentielles qui fonctionne bien, mais pas de toutes prêtes". "Vous savez ce qui marche pas mal sinon ... " me dit-elle dans la confidence, "c'est d'enduire la tête de votre enfant avec de la mayonnaise et de l'empapilloter d'un film cellophane pour toute la nuit, comme ça les poux sont étouffés".
Moi aussi, je la regarde incrédule s'en aller et avec un hochement de tête, lâche: "Ah, bon... merci du conseil ".

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01 mai 2007

UN PETIT BRIN MUTIN

1er_maiDébut d'après-midi ensoleillé... , un petit peu de répit entre deux vagues... (mais non je ne suis pas dans une station balnéaire) de clients, juste assez de temps pour m'imaginer hors de ce bocal où la seule musique d'ambiance se limite au ronronnement de la climatisation.

Soudain, la porte s'ouvre, laissant s'engouffrer une bouffée d'air étouffant et Monsieur L. ,75 ans, d'un pas décidé.

"Bonjour, vous allez bien?". "Oui, merci, mais... je voudrais que vous me donniez un doigtier pour ce doigt (on s'en serait douté !) qui me fait souffrir, là au bord de l'ongle". Tout en s'avançant, il pointe vers moi son annulaire tel un fantassin chargeant, la baïonnette en avant.
"Mais, c'est un début de panaris, on dirait", dis-je, compréhensive. "Oui, oui, je mets déjà un antiseptique et une crème que m'a donnés votre collègue hier, mais là c'est insupportable dès que je l'effleure". Je cherche la solution à son problème sans être vraiment inspirée. "Eh bien, mettez simplement un pansement assez épais pour l'isoler et amortir tout frottement, mais je ne vois pas l'intérêt d'un doigtier, c'est beaucoup trop fin pour protéger" , il ne semble pas saisir ma logique, alors je précise: "vous savez c'est du caoutchouc roulé, un peu comme les préservatifs quoi". Il lève les yeux vers moi l'espace d'un instant une amorce de sourire aux coins des lèvres, mais retombe aussitôt, rattrapé par la "souffrance" que lui génère ce doigt.
Ah, les hommes, tous les mêmes, le plus petit des "bobo" et c'est le fin du monde qui se prépare (je n'ai pas raison peut-être?!!).

"Oui, mais j'ai souvent les mains dans l'eau, et ça ne tient pas", il coupe par cette réplique toute ma motivation à lui trouver LE pansement qu'il lui faut.
Et c'est alors, certains diront que c'est le côté mercantile du pharmacien qui transpire par chacun de mes pores, que je lui suggère: "Eh bien, mettez les deux, le pansement renforcé pour protéger des frottements et le doigtier pour l'isoler de l'humidité, OK? ".
Il acquiesce semble-t-il du regard; je lui amène donc une boîte de pansements et le fameux doigtier.
Il commence à se mettre maladroitement le premier des deux et tente d'enfiler en grimaçant le second, puis se résigne.

"Oh mais ça ne rentrera jamais, et ça me fait mal", je l'encourage: "il faut commencer par le dérouler légèrement, l'enfiler sur la pointe puis l'étirer plus bas que l'ongle".
Il s'enhardit et me lance: "Vous ne pouvez pas me le mettre s'il vous plaît, les préservatifs non plus, je n'y arrivais jamais".
Sur un sourire mutuel et convenu, je m'exécute alors, toujours au service du client (!).
"Vous voyez, c'est pas difficile, il faut juste un peu de dextérité", et tout satisfait, il admire son doigt qui semble ne plus le faire souffrir.

Il conclut cet appel au secours par: "Je vous dois combien?" et "Merci, Madame la pharmacienne".

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24 avril 2007

HUMOUR NOIR

Autopsie_d_un_meurtrier

POUR CEUX QUI AURAIENT ENCORE UN DOUTE.

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23 avril 2007

SENS PRATIQUE

Jeudi soir. Il fait déjà nuit et les clients ne se bousculent pas, la titulaire discute avec la préparatrice dans l'arrière-boutique. Je m'occupe au comptoir à trier la paperasserie en attendant le chaland.

L'ouverture automatique de la porte et la sonnerie associée me font lever la tête vers la cliente qui s'approche.

"Bonsoir Madame". Elle me renvoie un hochement de tête et un sourire furtif. Le simple fait qu'elle veuille m'attirer en bout de comptoir, un peu à l'écart, me met sur la défensive et m'amène à penser qu'elle va me confier un sujet gênant.

Toute étudiante que je suis encore à cette époque mais me sentant investie d'une mission d'écoute et de conseil, je me penche légèrement vers mon interlocutrice, africaine en chaussons rapés et aux mèches brouillonnes attachées à la va-vite sur le haut du crâne. C'est alors qu'elle me lance tout de go mais avec un français mal assuré: "hier soir,...j'ai eu des relations..." et elle se met à me mimer d'une main ferme, un mouvement de va-et-vient vers la bouche "avec mon homme, et depuis j'ai l'impression d'avoir un truc là dans la gorge qui me gêne, comme si c'était coincé".

Pendant qu'elle me décrit ses symptômes, j'ai un doute, ai-je bien compris? C'est alors que deux pensées m'envahissent:
                                      - ne pas avoir l'air décontenancé en rougissant et,
                                      - que vais-je bien pouvoir lui conseiller?
Je lui pose quelques questions embarrassées pour évacuer toutes les autres causes de maux de gorge "habituels" et aussi pour gagner du temps. Je distingue tout de même dans ma confusion, les gloussements provenants de l'arrière-boutique, ce qui me déstabilise encore un peu plus.

Alors que je sens le désarroi me submerger, un éclair de génie (je vous l'avoue, j'ai des problèmes circulatoires aux chevilles, soyez indulgents) m'envahit:
                                     " Eh bien, je pense que le plus efficace, ce sera de faire un bain de bouche pendant 3 minutes en gargarisme", je lui mime la situation, "et si ça ne s'améliore pas, il faudra voir votre médecin".

Et voilà, d'une pirouette, je me retourne pour attraper le fameux bain de bouche et reprendre une bouffée d'air salvatrice. Un coup d'oeil à la dérobée vers le préparatoire où mes collègues, tout sourire et le pouce tendu vers le haut en guise d'approbation, finit de me rassurer.

Je conclus ma vente toute fière d'avoir semble-t-il satisfait ma cliente et surtout de m'être sortie de cette situation vaseuse.

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19 avril 2007

52596 heures chrono


52596 heures chrono
Vidéo envoyée par ipeca
Une parodie de la vie à l'officine pour les étudiants de la 1ère à la 6ème année ou comment entrer du bon pied dans le métier. Si c'est pas de la vocation ça.....!!

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