Humour sur ordonnance

Brèves de comptoir....... d'une pharmacie

27 mai 2007

RECETTE ANGLAISE

   Pediculus_capitis"Il n'y a plus de saison pour les poux" vous diront certaines, période scolaire ou pas, toutes occasions de rassemblement de nos chers bambins donnent lieu à la propagation du Pediculus capitis. Hormis ces considérations de temps, on peut même dire qu'il ne se limite même plus aux seules classes du primaire. Donc en dehors des produits classiques proposés entre autres par votre serviteur, c'est à celle qui trouvera la recette la plus efficace pour les éradiquer... et j'ajouterai même la plus délirante !

En cette matinée bien calme, entre une femme élancée au style assez désinvolte plutôt à la "Jane Birkin".
"Bonjour..., je voudrais un traitement de plus pour les poux, mon fils a passé le week-end chez un de ses copains et là il n'arrête pas de se gratter. J'ai regardé et j'en ai trouvé un", me dit-elle lassée avec un petit accent anglo-saxon.
L'air résigné par la perspective de se faire une fois de plus une désinfection générale de la maison c'est à dire literie, canapé et vêtements compris (ouf! pas d'autre enfant dans la famille), elle scrute notre rayon spécialement consacré à la bête.
"Je peux vous proposer les habituels insecticides, pyrethrines en tête (oh pardon !), ou alors vous avez les nouvelles molécules nettement moins décapantes pour le cuir chevelu".
"Je préfèrerai... c'est à base de plantes ?". Son côté "nature" revient donc à la surface et je l'avais bien ciblée comme étant une adepte du tout bio et sans produits chimiques.
"Non, malheureusement, je n'ai pas grand-chose de naturel sauf ce produit à base d'huiles essentielles en shampoing mais c'est un peu moins efficace qu'une lotion".
"Bon, eh bien et ces nouvelles molécules dont vous m'avez parlées, ça marche bien ?", elle semble revenir sur ses convictions.
"C'est un produit pour lequel nous avons eu de très bons retours de la part des autres mamans, et surtout sans effets nocifs au long cours".
"D'accord, et comment on l'utilise ?". Après lui avoir détaillé le mode d'emploi et rappeler les différents traitements à effectuer pour son envirronnement, je conclus ma vente.

C'est alors qu'elle revient à ses penchants: " Mais il n'existe rien de vraiment 100% naturel ?" .
"Si, nous avons bien une formule à préparer composée de diverses huiles essentielles qui fonctionne bien, mais pas de toutes prêtes". "Vous savez ce qui marche pas mal sinon ... " me dit-elle dans la confidence, "c'est d'enduire la tête de votre enfant avec de la mayonnaise et de l'empapilloter d'un film cellophane pour toute la nuit, comme ça les poux sont étouffés".
Moi aussi, je la regarde incrédule s'en aller et avec un hochement de tête, lâche: "Ah, bon... merci du conseil ".

Posté par Khadu C à 18:17 - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 mai 2007

UN PETIT BRIN MUTIN

1er_maiDébut d'après-midi ensoleillé... , un petit peu de répit entre deux vagues... (mais non je ne suis pas dans une station balnéaire) de clients, juste assez de temps pour m'imaginer hors de ce bocal où la seule musique d'ambiance se limite au ronronnement de la climatisation.

Soudain, la porte s'ouvre, laissant s'engouffrer une bouffée d'air étouffant et Monsieur L. ,75 ans, d'un pas décidé.

"Bonjour, vous allez bien?". "Oui, merci, mais... je voudrais que vous me donniez un doigtier pour ce doigt (on s'en serait douté !) qui me fait souffrir, là au bord de l'ongle". Tout en s'avançant, il pointe vers moi son annulaire tel un fantassin chargeant, la baïonnette en avant.
"Mais, c'est un début de panaris, on dirait", dis-je, compréhensive. "Oui, oui, je mets déjà un antiseptique et une crème que m'a donnés votre collègue hier, mais là c'est insupportable dès que je l'effleure". Je cherche la solution à son problème sans être vraiment inspirée. "Eh bien, mettez simplement un pansement assez épais pour l'isoler et amortir tout frottement, mais je ne vois pas l'intérêt d'un doigtier, c'est beaucoup trop fin pour protéger" , il ne semble pas saisir ma logique, alors je précise: "vous savez c'est du caoutchouc roulé, un peu comme les préservatifs quoi". Il lève les yeux vers moi l'espace d'un instant une amorce de sourire aux coins des lèvres, mais retombe aussitôt, rattrapé par la "souffrance" que lui génère ce doigt.
Ah, les hommes, tous les mêmes, le plus petit des "bobo" et c'est le fin du monde qui se prépare (je n'ai pas raison peut-être?!!).

"Oui, mais j'ai souvent les mains dans l'eau, et ça ne tient pas", il coupe par cette réplique toute ma motivation à lui trouver LE pansement qu'il lui faut.
Et c'est alors, certains diront que c'est le côté mercantile du pharmacien qui transpire par chacun de mes pores, que je lui suggère: "Eh bien, mettez les deux, le pansement renforcé pour protéger des frottements et le doigtier pour l'isoler de l'humidité, OK? ".
Il acquiesce semble-t-il du regard; je lui amène donc une boîte de pansements et le fameux doigtier.
Il commence à se mettre maladroitement le premier des deux et tente d'enfiler en grimaçant le second, puis se résigne.

"Oh mais ça ne rentrera jamais, et ça me fait mal", je l'encourage: "il faut commencer par le dérouler légèrement, l'enfiler sur la pointe puis l'étirer plus bas que l'ongle".
Il s'enhardit et me lance: "Vous ne pouvez pas me le mettre s'il vous plaît, les préservatifs non plus, je n'y arrivais jamais".
Sur un sourire mutuel et convenu, je m'exécute alors, toujours au service du client (!).
"Vous voyez, c'est pas difficile, il faut juste un peu de dextérité", et tout satisfait, il admire son doigt qui semble ne plus le faire souffrir.

Il conclut cet appel au secours par: "Je vous dois combien?" et "Merci, Madame la pharmacienne".

Posté par Khadu C à 09:35 - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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